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Je perds mes cheveux depuis que le coiffeur m'a fait des mèches, comment engager sa responsabilité ?

Le coiffeur n’est pas tenu à une obligation de résultat mais à une obligation de moyens. Cela signifie qu’il doit tout mettre en œuvre pour que la coiffure faite plaise au consommateur mais le résultat n'est pas promis. L'absence de résultat n'est pas une faute.

En revanche, si le client estime que le professionnel a commis une faute et que cela lui a causé un préjudice, il pourra engager la responsabilité contractuelle du coiffeur. Par exemple, c’est le cas d’un coiffeur qui a brûlé les cheveux de son client avec un fer à lisser ou un appareil à permanente.

Le client devra prouver trois choses :
- la faute du professionnel,
- le préjudice qu’il a subi,
- le lien de causalité entre la faute et le préjudice.

Si le client démontre que ces trois conditions sont réunies, le cas échéant au moyen d’une expertise, il pourra obtenir réparation de son préjudice. A cet égard, le délai pour agir est de 10 ans à compter du préjudice corporel subi (exemple : brûlure du cuir chevelu), 5 ans si le préjudice n’est pas physique (exemple : préjudice esthétique).
Apporter la preuve d’un préjudice esthétique ne sera pas aisé à moins peut-être d’exercer une activité pour laquelle l’apparence est cruciale (modèle pour cheveux, mannequin ou encore acteur) et que le coiffeur ait eu connaissance de cette donnée (le préjudice indemnisable est le préjudice prévisible sauf faute lourde).

Si le préjudice ne résulte pas d’une faute du coiffeur mais des produits qu’il utilise, le consommateur peut mettre en jeu la responsabilité du fabricant en invoquant la responsabilité dite des produits défectueux. Dans ce cas, ce sera la responsabilité du fabricant, au demeurant plus solvable, qui sera engagée et non celle du coiffeur. Un produit est considéré comme défectueux lorsqu’il n’offre pas la sécurité à laquelle pourrait s’attendre l’utilisateur.

Une expertise étant souvent nécessaire pour connaître la cause du dommage, il conviendra de conserver le produit litigieux ce qui pourra être en pratique difficile si par exemple la chute des cheveux a lieu quelques jours après le rendez-vous chez le coiffeur ou que le coiffeur a déjà jeté le produit incriminé.

En pratique, la responsabilité pourra être engagée s’il s’avère que d’autres utilisateurs du produit ont eux aussi pu constater la chute de leurs cheveux (messages sur les forums et réseaux sociaux etc.) ou que le produit a fait l’objet d’un rappel de la part de la marque ou un retrait de mise sur le marché de la part de l’agence de sécurité du médicament ou des produits de santé (ANSM).

A toutes fins utiles, cette responsabilité du fait des produits défectueux ne peut être mise en jeu que si le produit défectueux a été mis en circulation. Ainsi, si une personne teste un produit « non officiel » sur ses cheveux, elle ne pourra pas invoquer la responsabilité des produits défectueux.

Pour obtenir réparation de son préjudice, la victime devra prouver :
- un préjudice,
- un défaut dans le produit,
- un lien de causalité entre les deux.

Le délai pour agir est cette fois de 3 ans « à compter de la date à laquelle le demandeur a eu ou aurait dû avoir connaissance du dommage, du défaut et de l'identité du producteur ». Cependant, l’action ne pourra pas être intentée plus de 10 ans après la mise en circulation du produit.

Le producteur pourra s’exonérer de cette responsabilité s’il démontre :

« 1° Qu'il n'avait pas mis le produit en circulation ;
2° Que, compte tenu des circonstances, il y a lieu d'estimer que le défaut ayant causé le dommage n'existait pas au moment où le produit a été mis en circulation par lui ou que ce défaut est né postérieurement ;
3° Que le produit n'a pas été destiné à la vente ou à toute autre forme de distribution ;
4° Que l'état des connaissances scientifiques et techniques, au moment où il a mis le produit en circulation, n'a pas permis de déceler l'existence du défaut ;
5° Ou que le défaut est dû à la conformité du produit avec des règles impératives d'ordre législatif ou réglementaire ».

Finalement, s’il est difficile voire impossible de rapporter la preuve du défaut du produit, il conviendra de rechercher la responsabilité contractuelle du coiffeur qui lui-même pourra tenter de se retourner contre le fabricant des produits.

La victime aura la possibilité de se faire aider par sa compagnie d’assurance en actionnant la « garantie protection juridique » de son contrat d'assurance multirisques habitation si une telle option a été souscrite. Cette garantie, qui a vocation à couvrir les dommages corporels et matériels subis par l’assuré, permettra une éventuelle prise en charge des potentiels frais d’expert, d’avocat et plus généralement de procédure dans les conditions prévues au contrat.

Référence(s) juridique(s)

Articles 1217 et suivants du Code civil
Article L.127-1 et suivants du Code des assurances
Articles 1245 et suivants du Code civil
Article 2226 du Code civil

Publié par Wakam-PJ le - Dernière modification le 18/05/2026

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